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Tout pour Jésus

Révérend AKA AKMEL Privat

Surintendant du Circuit de Yopougon

2è Secrétaire Adjoint de L'Eglise Protestant

Méthodiste de Côte d'Ivoire (E.P.M.C.I)

+225  08 48 32 23 / mekenpopes@yahoo.fr

PRIÈRE D’ILLUMINATION      

Dieu notre Père, nous te remercions de nous avoir réunis en ta présence pour nous révéler ton amour et ta volonté. Veuille illuminer notre intelligence et nos cœurs par la clarté de ton Esprit, afin qu’il nous aide à entendre ta Parole à la recevoir et à l’observer, car en elle, il y a la vie.  Nous t’avons prié, au nom de ton Fils Jésus, notre sauveur. Amen !

 

THÈME : TOUT POUR JÉSUS

 

Texte biblique : Jean 12 :1-8.

 

 Bien-aimés dans le Seigneur, recevez nos salutations fraternelles  en Jésus-Christ. Pour la prédication, j’ai souhaité que nous regardions ensemble le texte de Jean 12,1-8 pour la simple raison qu’elle précède la période de l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, communément reconnu sous l’appellation chrétienne de « Fête des Rameaux ». Après la lecture de ce passage, j’ai pu extraire la pointe du récit que j’ai formulé en ces termes :  « Tout pour Jésus » qui est le thème central de notre prédication de ce jour. Après avoir présenté brièvement l’évangéliste Jean, puis situé notre péricope dans son contexte, nous expliquerons le passage pour en dégager les enseignements.

Jean est apôtre, « le disciple que Jésus aimait » (Jn13 :23 ; 19 :26), un Juif connaissant bien les opinions et les coutumes juives, dont la vie religieuse est profondément ancrée dans l’Ancien Testament. Il est témoin des événements qu’il raconte, et de ceux auxquels seuls les disciples de Jésus ont participé.

 

Notre péricope se trouve dans la première partie de l’Evangile intitulée « révélation du Christ au monde », et compte parmi les chapitres comportant les premiers témoignages sur Jésus-Christ. Elle se délimite en amont par la fuite de Jésus à Ephraïm et en aval par son entrée triomphale à Jérusalem. Ce texte met en évidence l’onction reçue par Jésus lors d’un repas à Béthanie

En effet après la résurrection de Lazare et suite aux nombreux témoignages de conversion reçus, les pharisiens et les grands prêtres décidèrent de faire mourir Jésus, sur la proposition expresse de Caïphe, le souverain sacrificateur de cette époque- là. Ils donnèrent ainsi l’ordre au peuple de le dénoncer afin qu’ils puissent l’arrêter et le faire périr. Jésus, conscient de ce complot, quitta alors les environs de Jérusalem pour Ephraïm, parce que son heure n’était pas encore venue. Son absence fut très remarquée, de sorte que tous ceux qui étaient venus  à Jérusalem, pour les rituels de purification et autres préparatifs de la Pâque, s’inquiétèrent et le réclamèrent.

 

Mais six jours avant la Pâque, il se rapprocha de Jérusalem. Il marqua un arrêt à Béthanie, situé à deux kilomètres à l’est de Jérusalem, sur la route de Jéricho, village de Lazare qu’il avait ramené à la vie peu de temps avant. Dès son arrivée à Béthanie, Jésus fut reçu par les habitants de ce village, ici, nommés par le pronom personnel indéfini « on », qui lui offrirent un repas dans la soirée. La participation  active des gens de Béthanie, la présence de Lazare et l’activité de service de Marthe notées ici, révèlent que la  réception eut lieu dans une autre famille que celle de ces derniers. C’est un repas organisé par les habitants de Béthanie qui ont senti le besoin de témoigner leur reconnaissance à celui qui, par miracle, avait ressuscité leur ami et frère Lazare. C’est un hommage public et un affront aux chefs religieux. Bien que le texte ne le mentionne pas, Mathieu et Marc disent que cette cérémonie eut lieu chez Simon le lépreux, sans doute un ami de la famille ou un malade que Jésus avait précédemment guéri et qui avait réclamé le privilège de le recevoir au nom de tous. Chacun ne pouvant pas recevoir Jésus, voulait contribuer selon ces moyens à l’hommage qui lui est rendu : les gens de Béthanie par le banquet offert; Marthe en s’employant personnellement au service de Jésus en dehors de la maison ; Lazare par sa présence qui glorifiait Dieu, et Marie par sa manière d’exprimer son hommage.

 

Oindre d’huile ses convives et leur laver les pieds avec de l’eau pour le déplacement effectué est une tradition juive laissée au soin des serviteurs. Mais, Marie se chargea de cet office en se réservant une manière spéciale de l’accomplir. Elle prit le soin d’apporter un parfum spécial : Le nard, pour montrer l’attention qu’elle porte à Jésus. Du grec nardos, le nard est une plante aromatique qui produit du suc de qualité que l’on renferme dans des flacons d’albâtre comme du parfum très fort estimé en Orient (Cantiques I :12). Il est employé pour oindre le corps mais aussi pour parfumer le vin. Le parfum de nard était destiné pour sa qualité et son coût à des personnes dignes de confiance. En effet la valeur du parfum était de trois cents deniers,(faisons un peu de maths : 1 denier = 16 sous ; 16=1/20 de Livres ; 300 deniers x 16 sous = 4800 sous ; 4800 sous x 1/20 de Livres=240 Livres or 1 Livre = 800 F CFA ; 240 Livres x 800 = 192.000 F CFA) équivalant approximativement à 192 000 F CFA ;ce qui représente des économies de toute une vie. Bien que le suc de nard comme tout autre parfum fût exposé à toutes falsifications, Marie prit le soin d’acheter le meilleur et le mieux protégé qui nécessitait d’après Marc 14 : 3, qu’on brise le bouchon pour son emploi. Elle versa  l’huile sur la tête de Jésus déjà assis à table et devant les convives selon ce qui est écrit dans le (Ps 23 :5). Mais selon notre texte, elle oint ses pieds car pour elle, Jésus n’était pas un convive ordinaire pour qu’elle puisse utiliser de l’eau pour ses pieds. Elle le fait en signe d’amour, d’adoration, de reconnaissance et avec une telle abondance qu’elle fut obligée de les essuyer, non avec du lin mais avec ses cheveux. Ce trait met le comble à l’hommage rendu. Car chez les juifs, c’est un déshonneur pour une femme de délier les bandelettes de sa chevelure et se montrer les cheveux épars. Mais, dans le cas de Marie, l’amour fut plus fort que les conventions. Cependant, elle ignorait que son acte indignerait Judas, le trésorier du groupe. Mais, Jésus le reprend en lui demandant de laisser Marie pour ce qu’elle a pu réserver le parfum pour ce jour-ci.

 

 L’emploi de cette indication « ce jour-ci» révèle le caractère spécial de ce repas pris à Béthanie. Pour Jésus, c’est une anticipation pour son ensevelissement. Le nard devait servir pour embaumer son corps. Marie a fait de ce jour de repas, celui des funérailles dont Judas donnera le signal dans quelques jours ; des funérailles qu’ils ne pourront officiellement organiser. Jésus et ses disciples étaient encore à Béthanie, quand une grande foule vint le trouver, impatiente de l’attendre à Jérusalem. Dieu  préparait ainsi le peuple pour faire entrer solennellement Jésus à Jérusalem.

 

Bien-aimés dans le Seigneur, Tout pour Jésus est ce qu’exprime précisément Marie. Le « Tout » désigne l’intégralité, la totalité. Il exprime le haut degré de l’existant. Ici cette intégralité est « pour » ou en faveur de, en l’honneur de Jésus, l’auteur de la vie.

 

Au moment où Jésus doit affronter la fureur de ses ennemis, la méchanceté du monde, au moment où il s’approche de sa passion, où il s’apprête à aller mourir pour racheter l’humanité, il a jugé important, voir réconfortant de passer un moment de joie, le dernier, avec ceux qu’il aime et qui le désirent. Les gens de Béthanie ont donné de leur temps, leur subsistance, sans crainte. Quant à Marie, elle a donné au-delà de toute espérance, sa personne en s’humiliant. Elle a disposé  sa bourse, et toute sa personnalité de femme juive honorable pour son Seigneur. Ce qui ferait sa fierté, elle le donna pour Jésus en signe de reconnaissance, d’abandon de soi et d’adoration.

 

Quand nous regardons autour de nous, nous remarquons combien de fois les femmes tiennent à leur corps et à leur chevelure. Le temps, l’argent et le soin qu’elles y mettent. Ainsi, nous comprenons que le geste de Marie témoigne, ici, qu’aucun sacrifice n’est trop coûteux pour sa bourse, aucun service trop vil pour sa personne en faveur de celui qui a ressuscité son frère. Pour elle, la vie n’a pas de prix. Ce qu’elle a et ce qu’elle est, appartiennent à Jésus. Mais nous, comment l’accueillons-nous, pendant qu’il est avec nous? Pour le don de sa vie ? Comment exprimons-nous notre reconnaissance ? Seulement  par notre présence, notre service, par le superflu de nos biens?

 

 Frères bien-aimés, il ne s’agit pas de dire que nous sommes les disciples, les amis de Jésus. Nous servons Dieu avec réserve, par hypocrisie, pour être juste vu de la société. Le zèle que nous lui manifestons dans la prière et aussi dans la multiplication des jeûnes, diffère selon les circonstances et selon les humeurs. Notre présence au culte n’est qu’une farce. Dieu n’est pas glorifié là où nous nous présentons comme ses enfants, car tous nous voient chez les féticheurs, dans les couvents, dans toutes sortes de cérémonies païennes, là où le monde parle d’infidélité, d’orgueil, de haine, d’escroquerie, nous sommes au premier rang.  Et quand il s’agit de donner à Dieu, nous murmurons. Comme les riches dans Marc 12 :41-44, nous donnons le superflu. Ce dont Jésus a besoin, c’est notre « Tout », le tout de notre personnalité, nos biens, notre intelligence. La richesse de notre personnalité, notre moralité, notre ambition, notre orgueil, notre haine, notre moi que nous protégeons. Ce qui nous qualifie et qui nous honore devant les hommes. C’est ce dont Jésus a besoin. Que nous fassions fi de notre personnalité  pour que notre adoration soit acceptée comme un parfum pur de bonne odeur. Et que notre témoignage remplisse l’espace.

 

Bien-aimés, Jésus doit se sentir aimer dans notre manière de vivre et d’agir, afin que sa passion et son sacrifice sur la croix ne soient pas une œuvre vaine mais bénéfique pour nous aussi.

Surement certains se poseront la question de savoir : pourquoi devons-nous tout pour Jésus ? Voici la réponse que nous donne le cantique N°397 de notre recueil de chants SAF: Il est un roc séculaire…

 

Comme Marie, chacun de nous a reçu son pot de parfum. Tous, nous avons reçu un talent que nous devons mettre au service de l’Eglise de Jésus-Christ. Pour toi mon frère, ce sont les moyens matériels pour soutenir les œuvres, pour toi ma sœur, c’est ta voix pour la louange, et toi cher ami, c’est ta vocation de prédicateur pour annoncer la Bonne Nouvelle aux humains. Mais qu’as-tu fait de ce talent ? Ce que tu dois ou l’as-tu mis au service d’autres choses ?

L’histoire de Marie se raconte encore aujourd’hui en signe d’édification. Et toi quelle est ton histoire ? Mon histoire à moi, c’est d’être serviteur de Dieu et le monde entier retiendra ceci de moi.

 

Si l’église est pour toi une source d’enrichissement, ton histoire est d’avoir été  un voleur et un escroc. Si tu brises les foyers de tes amis, alors l’histoire retiendra que tu es un voleur de femmes ou une voleuse de maris de tes camarades. Si, tard dans la nuit, au moment où tes amis dorment, tu te transformes en charognard et voler à la recherche des âmes, ton histoire s’écrira en mangeur d’âmes et buveur de sang humain.

 

Mes frères et sœurs, nous sommes interpellés individuellement. Car il est plus urgent de revenir à ce Jésus, Fils du Dieu Très-Haut, plein d’amour et riche en bonté. Tout ce que nous possédons et tous nos actes de tous les jours doivent concourir à la glorification de son saint Nom.

 

1-      EXHORTATION

Quoique vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu.

 

2-      BENEDICT ION

 

Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit. Amen !

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