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Le conducteur Méthodiste et la relation d’aide


Révérend VRY Yobou Thierry Joël

Pasteur Principal du Circuit de Grand-Bassam

Eglise Méthodiste Unie - Côte d'Ivoire (EMU-CI)

+225  48 70 28 50 / 06 46 07 24

 

Le conducteur de classe méthodiste est un sacerdoce, car il fut le premier à être institué par John WESLEY. 

 

En effet, le conducteur méthodiste est le premier conseiller du fidèle méthodiste ; membre de la classe dont il a la charge de conduire. Il est donc appelé à comprendre ses problèmes et ses tentations, en vu de l’aider dans sa marche avec le Seigneur.

 

Mais comment peut-il conseiller, s’il n’a aucune connaissance plus ou moins parfaite des techniques caractéristiques d’une relation d’aide communément appelée "Cure d’âme".

 

Cette présente étude dont le thème est : « Le conducteur Méthodiste et la relation d’aide » nous permettra d’élucider quelques unes afin de doter les conducteurs du District de Grand-Bassam des outils sur lesquels ils pourront s’appuyer pour une formation solide de foi, en guidant ceux qu’ils conseillent à trouver des solutions bibliques à leurs difficultés.

 

Nous essayerons de déterminer les traits essentiels de la relation d’aide à travers le plan suivant :

I-   Qu’est-ce que la relation d’aide ?

 

II- La pratique avec quelques exemples ?

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I -  LA RELATION D’AIDE.

A.   LA PERSONNALITE DE L’HOMME

«  Que le Dieu de paix vous sanctifie lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ » ( 1 Thess 5 : 23)

Par ce texte, l’Apôtre Paul nous indique que Dieu veut que notre esprit, notre âme et notre corps soient en parfaite santé. Ces trois entités constituent notre personnalité. La relation d’aide est donc le soin qui est apporté à l’être humain dans ses trois parties ; l’esprit, l’âme et le corps.

 

1)    L’esprit (PNEUMA)

L’esprit est en relation verticale avec Dieu. C’est en effet, la partie de l’homme qui est consciente de la présence de Dieu. L’esprit de l’homme reçoit à vie à travers l’Esprit de Dieu lors de l’expérience du salut. Il tire son énergie par l’Esprit de Dieu.

 

Voici quelque unes des fonctions de l’Esprit :

-         La révélation de Dieu

-         La prière de Dieu

-         La communion avec Dieu

-         L’adoration de Dieu

-         Le témoignage, la mémoire, l’imagination, la curiosité, la persécution

-         Le combat spirituel.

 

2)    l’âme (PSUCHE)

L’âme est la partie de l’homme qui le rend conscient de lui-même. C’est le centre de l’égo ou de la personnalité. Voici les fonctions de l’âme :

-         la raison : penser (méditer, concevoir)

-         l’émotion : ressentir (avoir de la passion, l’affection)

-         la volition : le désir (décider)

 

3)    le corps (SOMA)

Le corps est la partie de l’homme qui est consciente et qui réagit au monde externe. Les fonctions du corps sont les suivantes :

-         la réception : (de vue, l’ouïe, toucher … etc.)

-         la réaction : le corps réagit par le système musculaire par de parole et des actions

-         l’expression : le corps peut exprimer au monde les pensées, les sentiments et les décisions de l’âme.

 

4)    L’esprit, l’âme et le corps : leur relation

Notre corps reçoit l’information à travers les sens physiques. Cette information est ensuite perçue par l’âme (percevoir signifie interpréter, juger et comprendre ce que nous avons reçue). Pour pouvoir  le faire cela, nous devons compter sur notre raison et notre mémoire. La manière de pouvoir déterminer notre volonté ou volition.

Cet aspect de relation âme et corps est appelé par l’Apôtre Paul l’homme animal (Cf.1 Co. 2 : 14). Dieu veut que l’âme et le corps (notre côté animal) se soumettent  à l’Esprit Saint. En effet, l’esprit de l’homme ne fonctionne à plein rendement à cause du péché. Il est incapable de fonctionner d’où le vide qu’on ressent quand Dieu est absent de nos vies. Quand l’homme se repent et reçoit le Christ comme son Sauveur, son Esprit commence à répondre et à œuvrer avec l’Esprit de Dieu. Ainsi sans l’œuvre du Saint-Esprit  dans notre propre esprit, nous suivrons les désirs de la chair. C’est la marque de l’homme "animal" ou "naturel".

Sans ce lien spirituel l’homme est désorienté et à du mal à s’assumer. C’est ce qu’on appelle la maladie de l’âme.

La relation d’aide est donc le soin apporté à l’âme ou à un individu qui a des difficultés physiques, morales, psychologiques ou spirituelles. C’est l’annonce de la parole de Dieu à un individu en difficulté. Elle est fondée sur le fait que la parole de Dieu, donnée à l’Eglise est vivante et exige d’être transmise sur des formes différentes. La relation d’aide ou cure d’âme est le fait de s’adresser  spécialement à un individu au cours d’un entretien d’homme à homme dans lequel l’on met, l’individu au pied du mur pour lui transmettre le message. Il faut donc connaître de quoi souffre cette personne.

 

B- LA MALADIE DE L’AME

Jésus dit : «  l’Esprit du Seigneur est sur moi … pour guérir ceux qui ont le cœur brisé … » (Luc 4 : 18)

La signification du mot grec Sozo (salut) inclut l’idée de la santé, la guérison de l’esprit, de l’âme et du corps.

La maladie de l’âme est un problème commun de l’homme. La maladie ou la blessure de l’âme est souvent appelée par les mots : « un cœur brisé ». Ces mots sont employés pour décrire les souffrances internes de l’âme.

C’est un sujet important, car la chose qui détruit l’âme finira par détruire aussi le corps. La maladie de l’âme engendre la maladie du corps. Une dépression émotionnelle et mentale conduira  à des problèmes physiques. Nous avons vraiment besoin de la restauration pour notre âme. (Cf. Psaumes 23 : 3a).

Plusieurs chrétiens souffrent à cause de certaines cicatrices sur l’âme. Ils gardent plusieurs souvenirs douloureux. Comme résultat, ils doutent le présent et ils craignent le futur. Ils peuvent avoir des réponses dans leurs têtes, mais il est difficile de réfléchir convenablement quand notre cœur souffre.

Nous sommes tous d’accord pour dire que notre âme a besoin d’une guérison.

Comment donc s’y employer ?

 

II : LA PRATIQUE DE LA RELATION D’AIDE AVEC QUELQUES EXEMPLES.

A-  LA PRATIQUE DE LA RELATION

La relation d’aide se faisant dans un entretien, le conducteur ou toute autre personne qui fait la cure d’âme est en face de son auditeur. Il procède par ce qui suit :

1-    La prière

2-    L’écoute de l’exposé

3-    Le questionnement

4-    Le conseil

5-    L’intercession.

 

1)    La prière

Dieu débute toujours au centre de notre être. Il touche premièrement notre esprit avec son Esprit. Quand notre esprit est libéré, notre âme peut être restaurée. Il est donc recommandé qu’avant tout processus dans l’entretien, il est obligatoire de commencer par un moment de prière. Elle est indispensable étant donne l’état d’âme de l’auditeur ou du «  patient »

En effet, vu que votre interlocuteur se trouve dans une situation que vous ignorez, il est tout à faire raisonnable que vous vous confiez et avec lui à Celui qui voit et qui connait toute chose.

Vous laissant diriger par l’Esprit de Dieu, souvent avec la prière déjà, la personne peut être soulagée.  

 

2)    L’écoute de l’exposé

Au cours de l’entretien, le conducteur qui fait la cure d’âme, écoute de manière attentive son interlocuteur. Il fait attention à tout ce qu’il dit et peut prendre quelques notes car souvent l’auditeur s’exprime longuement dans le but de se libérer.

L’écoute permet de savoir les causes de la blessure de l’âme de votre auditeur :

 

-         ses parents : certains parents sont très sévères et critiques. Ils ne louent jamais ni n’encouragent leurs enfants et cela provoquent  des blessures très profondes qui les marqueront tout le long de leurs vies : manque de personnalité, refus d’avoir des enfants, très émotifs … etc.)

 

-         Les péchés sexuels : le péché ou le compromis moral blesse et endommage aussi l’âme : « mais celui qui commet un adultère avec une femme est dépourvu de sens, celui qui veut se perdre agit de la sorte ; il n’aura que plaie et ignominie, et son opprobre ne s’effacera point  » (Prov. 62 32,33).

 

-         Les œuvres de la chair : dans sa lettre aux Galates ; Paul énumère quelques unes des œuvres de la chair, qui peuvent gravement blesser l’âme. (Gal 5 : 19-21)

 

3)    Le questionnement

Les questions sont posées en fonction des problèmes posés par l’auditeur. C’est un diagnostic pour situer le mal. Il faut donc des questions pour amener la personne à s’ouvrir tout en la mettant en confiance et à l’aise.

 

4)    Le conseil

Dans le cadre des conseils, le conducteur n’est pas un psychologue ou un psychiatre pour s’appuyer sur des procédés scientifiques ou humains pour consulter son auditeur. D’ailleurs, la guérison de l’âme est du domaine spirituel car il y a des maladies de l’âme qui ne peuvent pas être assistées par des moyens naturels. La restauration d’une telle âme nécessite un "miracle". Or notre Seigneur est le Dieu puissant des miracles et de la miséricorde. Il s’agit pour le conducteur d’inviter son auditeur à :

-         Venir à Jésus : l’accueil pour le pécheur perdu.

 

-         Prendre son joug : le joug de Christ Représente son contrôle de nos vies. Lui remettre simplement nos vies.

 

-         Recevoir ses instructions : nous devons pardonner (Luc 23 : 34 ; Mat 18 : 30 – 35).

 

-         Venir à lui comme des petits enfants : car la plupart des évènements liés à nos blessures proviennent de notre enfance. Il faut donc faire le pas de l’enfant qui vient au Consolateur. Il s’agit de mettre fin aux ombres du passé (Marc 10 : 14,15).

 

-         Consacrer votre âme à Dieu : mettre son avenir entre les mains du Dieu tout puissant. C’est la confiance en l’amour de Dieu révélé par Jésus-Christ (Es 53 : 5).

 

Ces cinq (5) conseils sont résumés par le texte de Mat 11 : 28, 29.

 

5)    L’intercession

Commencée par la pratique, la relation d’aide ou cure d’âme se termine par la prière. Il est souvent conseillé qu’en cas d’un aveu de péché, que l’auditeur soit invité à demander pardon à Dieu avec humilité et franchise afin qu’Il lui accorde sa grâce. Pour celui qui a été blessé par quelqu’un (entourage familial, collègue Co-disciple, Etc.), il faut une prière de foi et de délivrance car le mal est profond. Dans ce cas, le conducteur lui-même le recommande à Dieu.

Dans le cadre des œuvres de la chair, le conducteur recommande son auditeur à Dieu et lui donne un autre rendez-vous pour une ou des séances de délivrances avec le groupe de prière outillé pour cela.

 

B- QUELQUES EXEMPLES

1-    Vous êtes en face de quelqu’un qui vous dit qu’il fait l’amour en rêve et de façon répétée ; vous devez savoir automatiquement qu’il s’agit d’un cas « d’esprit de mari ou femme de nuit ».

 

2-    Pour quelqu’un qui se voit très souvent dans l’eau ; il s’agit de la « sirène des eaux ».

 

3-    Pour celui qui mange la viande souvent dans ses rêves, il s’agit d’une initiation à la sorcellerie.

 

4-    Pour une personne qui est bloquée quand il s’agit de prière ou de l’écoute de la parole de Dieu, ou de la louange ; il s’agit d’une possession démoniaque.

 

5-    Pour une personne qui bat son conjoint, c’est qu’il a vécu dans un foyer violent.

 

6-    Pour quelqu’un qui est replié sur lui-même, qui ne peut pas se marier, c’est qu’il a été victime d’un viol ou d’une maltraitance.

 

7-    L’exemple de Joseph dans la Genèse 37 à 46 doit nous inspirer.

 

8-    Une personne qui passe une grande partie de sa journée hors de son domicile, surtout les temps de férié, de week-end, c’est qu’il n’est pas heureux dans son foyer ou de l’atmosphère de sa maison.

 

9-    Un adolescent qui fait pipi au lit, c’est qu’il est en proie à des troubles dus à son désir d’être aimé choyé par ses parents.

 

10-  Une personne alcoolique ou drogué est un individu fragile qui a du mal à accepter sa situation actuelle (perte d’emploi, séparation conjugale, incompris dans ses choix ou orientations par ses proches, Etc.).

 

 

Au terme de notre étude, il est à noter que la relation d’aide ou cure d’âme est un ministère très délicat et complexe. Celui qui l’exerce doit avoir une connaissance biblique bien poussée. Il doit être une personne de prière et discrète, et être lui-même un exemple de vie.

Le conducteur de classe méthodiste est interpellé à ce niveau, car nombreux sont ceux qui renvoient les membres de leur classe qui ont besoin d’aide aux pasteurs ou aux mouvements de réveil méthodiste sans les avoir écoutés ou conseillés.

 

Le pasteur ou le groupe de prière doivent intervenir dans les cars extrêmes qui requièrent leurs compétences.