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Que celui de vous qui est sans péché, jette la pierre.

Révérend VRY Yobou Thierry Joël

Pasteur Principal du Circuit de Grand-Bassam

Eglise Méthodiste Unie - Côte d'Ivoire (EMU-CI)

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Journée de la lutte contre le VIH/SIDA

 

Thème : « Que celui de vous qui est sans péché, jette la pierre ».

Textes : Deut. 22 : 22-24

  Rom. 2 : 1,17 -24

  Jn. 8 : 9-11

Texte de Méditation : Jn. 8 : 7 « comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit : que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle »

 

Introduction :

Apparue dans les années 1980, la pandémie du VIH/SIDA en Afrique et même dans le monde est un phénomène très complexe. En effet, la réalité du VIH/SIDA n'est pas un problème de médecine, il est aussi et surtout un problème d'économie, de sociologie, de psychanalyse, de théologie, et aujourd'hui de justice et d'éthique. En somme, le VIH/SIDA ne peut plus être considéré comme un simple problème de santé, car il affecte 36 millions de personnes dans le monde parmi lesquelles 24,5 millions en Afrique avec 200.000 cas de nouvelles infections chaque année, et 700 personnes environ meurent par jour.

On estime à environ 35 millions le nombre d'enfants orphelins. Pour beaucoup de pays en Afrique le VIH/SIDA est, un véritable désastre national. Que faire donc face à cette situation ?

·        Annonce du thème et du texte de méditation.

·        Pour la problématique

o   Pourquoi une telle injonction du Seigneur Jésus-Christ ?

o   A quoi nous renvoie l'idée du péché chez le Seigneur Jésus-Christ ?

o   Quelle attitude, le Seigneur Jésus-Christ attend-t-il de nous face à tout péché particulier de tout malade du VIH/SIDA ? 

 

 

Contextualisation :

L’hostilité croissante envers Jésus (cf. Jn-7) ne l'empêchait pas de continuer son ministère. Au contraire il proclamait de plus belle son identité et sa mission, en pleine fête de tabernacle où des Juifs de tout Israël avaient migré vers Jérusalem, en dépit des menaces que les religieuses faisaient peser sur lui (Jn : 20-32)

La confusion et les controverses qui survinrent à son encontre provoquèrent une inquiétude chez les principaux sacrificateurs et les pharisiens. Ils tentèrent donc de le faire emprisonner par les gardes du temple qui servaient de force de police officieuse. Cette tentative d’embrigadement échoue lamentablement (Jn 7 ; 45-52).

Les chefs religieux juifs allaient-ils en rester là ?

 

l. Commentaire

Le récit de la femme adultère répond à cette question : l'acharnement contre le Seigneur n'aura jamais de répit. Une fois n'est pas coutume, les chefs religieux se jettent eux-mêmes dans leur « guerre religieuse » contre Jésus. Selon notre texte, ils l'emmenèrent une femme prise en flagrant délit d'adultère. Que pense-t-il de l'acte commis par cette femme, mérite-t-elle d'être lapidée jusqu'à mort comme le stipule la loi de Moise (cf. Lev. 20 ; 10 ; Deut. 22 : 23-24).

N'est-ce pas le comble de la perversité d'employer la loi de Dieu pour prendre au piège son prochain et à plus raison le Fils de Dieu ? En effet, si Jésus rejetait la loi mosaïque, sa crédibilité en serait entachée. S'il montrait son approbation, sa réputation de compassion et de pardon serait mise en question. Pour les chefs religieux, Jésus le Galiléen n'avait aucune échappatoire. Il doit répondre sans faux fuyant à leur demande.

« S'étant baissé » (Jn 8 : 6a), pour leur épargner le feu de son regard et les laisser réfléchir librement pour ne pas accabler non plus de son regard l'accusée, en présence de ses accusateurs, il « écrivait » (v6 b) ; silence parlant, silence éloquent, émouvant durant lequel se joue plus d'une destinée. Interrompu un instant dans son silence si accablant, le Seigneur répond à leur préoccupation par cette injonction « Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle ». (Jn 8 :7b).

Pourquoi une telle injonction ?

La "boutade " du Seigneur aux chefs religieux montre d'abord leur fausseté de se servir de la lettre de la loi pour en renier audacieusement l'esprit. C'est une fraude qui ne dit pas son nom. C'est un viol de cette loi contre l'adultère. Cette femme adultère n'avait-elle pas un complice ? Où est-il ? Est-il moins coupable qu'elle ? Pourquoi le ménager ? Ensuite, par cette injonction, le Seigneur semble-t-il dire : je ne demande pas qu'on viole la loi de Moïse, je demande plutôt qu'on l'accomplisse pleinement. En effet, avant d'accuser les autres, que chacun s'accuse soit même (cf. Rom 2 : 22). Est-ce par amour de la loi divine que vous accusez cette femme ? Est-ce par amour tout simplement ?

 

Les chefs religieux ont espéré une discussion ; ils s'attendaient à ce que Jésus cherchât des circonstances atténuantes, quelques moyens d'esquiver la question. A leur grande défaveur, il les mît simplement chacun en face de sa conscience.

Voici à quoi l'on renvoie l'idée du péché chez le Seigneur Jésus-Christ : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom 3 :23).

En effet, le péché se manifeste comme la puissance de négation et de désordre dans l'œuvre parfaite que Dieu avait créée (Gn. 3 :1-11). D'où le nom "Mal" pour illustrer le péché. Le péché ou le mal est donc par essence l'opposition à la volonté de Dieu. Pour le Seigneur, quand le péché est fait consciemment, il ne va pas sans trouble dans la conscience de celui qui le commet, et ce trouble est un hommage rendu au bien, un avertissement que la loi divine est violée : « Quiconque fait le mal hait la lumière et ne vient pas à la lumière de peur que ses œuvres ne soient dévoilées » (Jn. 3 :20).

 

C'est cette conception du Seigneur vis-à-vis du péché que l'Apôtre Paul décrit avec de forts arguments dans notre deuxième texte de ce jour : Rom. 2 : 1, 17-24. Pour lui donc, les juifs et les païens de bonne moralité qui se voient exempts du jugement de Dieu parce qu'ils ne sont pas livrés à l'immoralité, se trompent tragiquement. Ils ont plus de connaissance que les païens immoraux et ainsi une plus grande responsabilité. En effet, celui qui a une connaissance suffisante pour juger les autres se condamne lui-même, car il montre qu'il a une connaissance suffisante pour évaluer justement sa propre condition. En condamnant les autres : « puisque toi tu juges... », il excuse et néglige ses propres péchés : « tu fais les mêmes choses » (Rom. 2 :1).

 

 

 

 C'est un réquisitoire que Paul adresse sans concession à toutes ces personnes qui se voient au-dessus des autres à cause de leur soit disant moralité spirituelle : « Toi qui te fais une gloire de la loi, tu déshonores, Dieu par la transgression de la loi » (Rom. 2 :23)

 

Quelle attitude le Seigneur Jésus-Christ attend-il de nous face au pécheur et, en particulier, de tout malade du VIH/SIDA ?

 

III  Actualisation

 

·        L'attitude du Seigneur vis-à-vis de la femme adultère est une référence de compassion à l'encontre de tout pécheur. En effet, au moment où tous se sont retirés à cause de l'état de leur conscience vis-à-vis de leur propre état de péché, la femme seule est restée. Pourquoi n'est-elle pas partie elle aussi ? Elle attendait sa sentence de la part du Seigneur. Elle a soif de la parole qui affranchira sa conscience. Si le Seigneur a sauvé la vie de cette femme, ce n'est pas pour lui donner à penser que sa faute est sans conséquence : « Je ne te condamne pas » (Jn. 8 :11), mais je condamne ta conduite. C'est pourquoi « va et ne pèche plus » (Jn. 8 :1). Seul, Jésus lui montre la voie à suivre en tant que pécheresse : « ne pèche plus ». La condamnation de tout pécheur est l'état conscient et permanent de péché, sa propension à faire le mal de façon délibérée qui mérite une condamnation ferme et sans ambiguïté : « car le salaire du péché, c'est la mort » (Rom. 6 :23)

 

·        Le VIH/SIDA est avant tout une maladie. Or la maladie est une rupture qui crée un dysfonctionnement dans un être vivant entraînant une dépression physique et psychologique (dépression, traumatisme), sociale et spirituelle. Le VIH/SIDA comme tout autre maladie nait de la conjugaison des facteurs à la fois sociaux, psychologiques, somatiques et spirituels. Il faut aussi noter que la maladie en l'occurrence le VIH/SIDA n'est lié forcement à un péché faisant d'elle une maladie surnaturelle causée par Dieu (surtout dans le cas des épidémies et pandémies), pour punir les êtres humains de leur éconduite. Ce qui donc nous n'autorise plus à avoir un regard inquisiteur et critique sur le malade du VIH/SIDA. Ce n'est plus comme par le passé, un être immoral que Dieu punit par le VIH/SIDA. C'est tout simple un malade qui a besoin de notre aide et de notre amour.

 

·        La prise en soin du malade du VIH/SIDA par la valorisation de toute la personne, telle doit être notre vocation d'enfant de Dieu.

 

·        Nous sommes aussi des malades du VIH/SIDA en sursis. Le cas de contamination par accident est possible. (La contamination de plus de 1000 bébés Libyens par des infirmières bulgares en 2005 nous interpelle), l'adultère fort répandu dans nos églises doit aussi nous interpeller.