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J'ai été envoyé devant celui qui vient d'en haut

Textes: Malachie 3 :1

               Actes 13 : 23-24

            Jean 3 : 25-34

 

Texte du jour : Jean 3 : 28 ; 31a : « Vous-mêmes m'êtes témoins que j'ai dit : Je ne suis pas le Christ, mais j'ai été envoyé devant Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous ».

  

1. Explication du thème

J'ai été envoyé : personne envoyée avec une mission diplomatique ; messager dans le cas précis de notre thème, cet envoyé est Jean le Baptiste ou Jean-Baptiste considéré comme le précurseur du Messie, de celui qui devait venir et qu'il concevait comme l'être transcendant qui exercerait le jugement et instaurerait le baptême d'Esprit Saint et de feu (Mt. 3 :11 ; Luc. 3 : 16).

 

Celui qui vient d'en haut : d'en haut renvoie à l'idée du ciel. Donc, celui qui vient d'en haut signifie la personne qui vient du ciel, un habitant du ciel.

 

Les hébreux, comme les autres peuples anciens croyaient à une pluralité de cieux (Deut. 10 :14) : la littérature judaïque en compte sept (7) ; le plus élevé, Aravoth, contenait le trône de Dieu. Bien que les descriptions de ces différents cieux varient souvent, c'est dans le troisième qu'on plaçait en général, le paradis. C'est jusqu'à celui-là que Paul dit avoir été ravi (2 Cor. 12 :2). Les cieux superposés étaient regardés comme habités par des êtres spirituels ou surhumains de différentes sortes.

Dans la pensée juive tardive, le deuxième ciel était la demeure des esprits mauvais et des anges déchus attendant leur punition. Le Nouveau Testament  ne se risque guère dans ces spéculations hasardeuses, bien qu'il soit question, dans Eph. 6 :12 « des esprits méchants dans les lieux célestes ».

Les descriptions du ciel que donne la Bible ne sont pas scientifiques mais symboliques, et ces symboles sont d'une richesse magnifique pour qui sait y chercher l'esprit sans s’arrêter à la lettre. A cet égard, l'Apocalypse de Jean contient des beautés incomparables parce qu'animées du souffle chrétien.

 

Donc, en définitive le thème met en évidence le précurseur Jean le Baptiste, mandaté par Dieu, pour précéder la venue du Christ, le Rédempteur ou Messie promis à Israël.

-  Que fut le rôle de Jean le Baptiste en tant qu'envoyé ?

-  Que seront alors ses rapports avec celui qui vient d'en haut ?

 

-  Que nous inspire son statut et sa conduite d'envoyé ?

 

2. La Contextualisation

Le texte de Jean 3 : 25-34 est extrait de Jean 3 : 22-36, qui constitue dans l’Évangile de Jean, le dernier témoignage de Jean-Baptiste au sujet de Christ. En effet, le Ministère de Jean diminuait au fur et à mesure que celui de Jésus prenait de l'importance. Jean le Baptiste jouissait à ce moment-là d'un grand crédit et d'une grande renommée auprès des gens du peuple en Israël. Il était généralement bien reçu par eux, au travers de ses messages et la pratique du baptême d'eau. Pour ses disciples, donc, il avait l'exclusivité de cette pratique rituelle de purification du pécheur qui se repent. D'où la controverse mise en relief dans Jean 3 : 25-34.

 

3. Commentaire

Le texte de Jean 3 : 25-34, avec un ajout des versets 35 et 36 peut être divisé en 3 sections soulignant l'importance de ce qui se passait dans la relation entre le Ministère de Jean-Baptiste et de Jésus.

1)    Le rôle de représentant de la fin de l'ancienne époque de Jean-Baptiste (VV. 25-29)

2)    La transition entre Jean et le Ministère de Jésus (V. 30)

3)    Le Ministère de Jésus qui constitue le début d'une nouvelle ère (VV 31 34 et 35-36).

 

Que fut le rôle de Jean le Baptiste en tant qu'envoyé ?

Il faut souligner que loin de jalouser Christ, Jean-Baptiste fit preuve d'une grande humilité et d'une grande fidélité devant la supériorité de sa personne et de son ministère.

On comprend alors aisément sa réaction face à la colère de ses disciples de voir une autre personne exercer le baptême d'eau. Pour eux, cet homme se pose en rival de leur maître bien-aimé. En effet, cette "rivalité" entre Jean et Jésus étant aggravé du fait qu'ils pratiquaient leur ministère respectif à peu de distance l'un de l'autre. Mentionné au V.22 de Jean 3, le baptême pratiqué par Jésus laisse à penser qu'il officiait près de Jéricho à proximité des gués du Jourdain ; tandis que Jean-Baptiste est à Enon, pas très loin vers le nord. Les disciples de Jean étaient d'autant plus troublés que tous les gens qui se précipitent vers Jésus venaient auparavant vers Jean. Le succès donc de Jésus éveille la jalousie des disciples de Jean-Baptiste. Quant à lui, au contraire ces sentiments courroucés, il ne voit dans le succès de Jésus qu'un sujet de joie profonde ; n'est-ce pas comme un sceau divin apposé sur son propre travail, l'accomplissement de ce qu'il a annoncé ? (Jn. 1 : 26, 30-34). C'est évident pour lui, car Dieu à travers Jésus exerce sa souveraineté lorsqu'il s'agit d'octroyer un ministère à l'un plutôt qu'à l'autre. Jean le Baptiste est l'antidote non seulement de l'envie et de la jalousie, mais aussi de l'orgueil comme du découragement. Il a « été envoyé devant lui » (Jean 3 : 28b) » c'est là seulement son ministère. Aussi, que ses disciples sachent que les âmes gagnées par sa prédication ne lui appartiennent pas, mais elles sont la propriété de l’Époux (Jean 3 : 29). « Il faut (donc) qu'il croisse et que je diminue. » (Jean 3 :30). Cette conviction de Jean-Baptiste est fort soulignée par la prophétie de Malachie : « Voici, j'en verrai mon messager ; il préparera, le chemin devant moi Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de l'Alliance que vous désirez, voici, il vient, dit l’Éternel des armées. »(Mal. 3 : 1). Le Seigneur dont il est question est « Celui qui vient d'en haut » (Jean 3 : 31).

 

Quels seront alors ses rapports avec celui qui vient d'en haut ?

 

Le texte de Jean 3 : 25-34, avec un ajout des versets 35 et 36 peut être divisé en 3 sections soulignant l'importance de ce qui se passait dans la relation entre le Ministère de Jean-Baptiste et de Jésus.

 

1.   Christ avait une origine céleste (v.31) ;

2.   Christ avait une connaissance de première main de la vérité (v.32) ;

3.   Le témoignage de Jésus n'était jamais en contradiction avec celui de Dieu (v. 33) ;

4.   Christ jouissait sans restriction de la présence en lui du Saint-Esprit (v. 34) ;

5.   Christ était le Maître Suprême puisque Dieu le Père lui avait octroyé ce statut (v. 35).

 

Pour donc ces cinq raisons, Jean le Baptiste montre quels seront ses rapports avec Jésus. En effet, l'humilité est avant tout de la claire voyance. Jean-Baptiste ne fait pas parade de modestie, il voit distinctement la distance immense qu'il y a entre Jésus et lui comme celle qui sépare le ciel et la terre. A même temps qu'il contemple en pensée Jésus, il se perd de vue lui-même, et, loin d'être jaloux de la popularité de Jésus le Messie, le Christ, « l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde », il s'afflige de ce que son succès n'est encore que partiel. (Jean 3 : 32). Jésus est le témoin fidèle et lui n'est que l'envoyé pour préparer la venue de ce témoin fidèle. C'est là ses rapports avec celui qui vient d'en haut. Ce sera là aussi, un rappel de ces rapports sous la forme d'un témoignage que Paul rendra dans la Synagogue d'Antioche en Pisidi : « ...Et lorsque Jean (le Baptiste) achevait sa course, il disait : je ne suis pas celui que vous pensez ; mais voici après moi vient celui des pieds duquel je ne suis pas digne de délier les souliers ». (Actes 13 : 25).

 

Que nous inspire son statut et sa conduite d'envoyé ?

 

3. Actualisation

 

Jean-Baptiste est un témoin fidèle. La fidélité est une vertu divine et chrétienne. En hébreu âman, elle exprime la fermeté et est, rattachée, en grec à la foi (Pistos et Pistis). Elle consiste à garder la foi donnée à une personne à une cause. Jean le Baptiste est resté à la fois attaché à son rôle de simple envoyé et a été ferme quand ses disciples ont voulu par mégarde lui attribuer le statut de Messie qui n'est pas le sien. Il est donc indéniable pour tout chrétien à l'image de Jean le Baptiste d'avoir une telle attitude dans la maison du Seigneur. Rester attaché au Ministère, que Dieu nous confie. Cette tendance à vouloir jouer le rôle qui n'est pas le sien, a profondément détruit certaines communautés chrétiennes.

 

Jean-Baptiste est un envoyé. L'envoyé c'est un messager. Il est appelé à délivrer un message qui n'est pas de lui donc avec aucune altération.

Jean-Baptiste l'a fait tout au long de son ministère. Combien d'hommes et serviteurs de Dieu délivrent-ils le message divin sans altération ? Malheureusement beaucoup aujourd'hui pour des gains sordides le font. Des interprétations personnelles, des commentaires éhontés et mensongers jalonnent la prédication de nombreux pasteurs et bergers. Cette attitude est une plaie et un venin qui pourrit le corps du Christ et répulse tous ceux qui veulent venir à Christ.

 

Jean-Baptiste, une conduite empreinte d'humilité : l'humilité est le sentiment de notre bassesse devant Dieu, autrement dit le sentiment de notre insuffisance et particulièrement de notre pauvreté spirituelle. C'est aussi une vertu chrétienne devant l'immensité de la grandeur de l'Amour de Dieu en Jésus-Christ.

Jean le Baptiste nous montre que son humilité devant Jésus n'a rien d'affecté ou d'obséquieux... Elle ne fut pas pour lui l'abandon de sa dignité mais au contraire elle fut pour lui une joyeuse acceptation de sa dépendance de fait à l'égard de Dieu, de sa dépendance volontaire au service du Christ, son frère.

 

L'humilité est-elle aujourd'hui rattachée à notre culture chrétienne ? L'orgueil et la suffisance ont pris tout simplement sa place dans nos églises. L'humilité de Jean le Baptiste doit nous apprendre à ne jamais considérer notre moi comme une fin, mais toujours comme un moyen au service de Dieu et de l'humanité. Le Christ a lui aussi, tout le long de sa vie, donné le plus parfait exemple (Jean 13 : 3,12 ; Phil. 2 : 3-8).

 

C'est à quoi nous inspire le statut et la conduite de Jean-Baptiste, Jean l'envoyé à ces quelques pas de la célébration de la venue du Sauveur du monde.