· 

Venez car tout est prêt

Révérend VRY Yobou Thierry Joël

Pasteur Principal du Circuit de Grand-Bassam

Eglise Méthodiste Unie - Côte d'Ivoire (EMU-CI)

+225  48 70 28 50 / 06 46 07 24


   PRIÈRE MONDIALE DES FEMMES

VENDREDI 01 MARS 2019

 

Thème : « Venez car tout est prêt »

Texte : Luc 14 :15-24

Texte de méditation : Luc 14 : 17 : « A l'heure du repas, il envoya son serviteur dire aux conviés : venez, car tout est déjà prêt »

 

Nous vous saluons mes chères sœurs dans le Seigneur et bien-aimés en christ. Amen

 

En cette soirée de prière mondiale pour les femmes, le lectionnaire des prédicateurs nous propose comme thème de réflexion : « Venez, car tout est prêt ». Nous le tirons dans l’Évangile selon Luc, chapitre 14 précisément au verset 17 qui nous dit ceci : « A l'heure du repas, il envoya son serviteur dire aux conviés : venez car tout est déjà prêt ».

 

Bien-aimés, au vue de l'énoncé du thème et de la lecture du texte de méditation, quelques questions méritent d'être posées :

 

-     De quoi est-il question dans Luc 14 : 15-24 ?

-     Pourquoi cette invitation ?

-     Comment expliquons-nous l'attitude des conviés à ce repas ?

-     Quelles leçons pour nous en cette soirée de prière mondiale pour la femme ? 

 

  

Nous ne saurions répondre à ces interrogations sans situer le texte de Luc 14 :15-24 dans son contexte.

 

Notre texte, Luc 14 :15-24 est extrait d'un grand ensemble qui va du chapitre 14 jusqu'au chapitre 19 : 27, où Évangéliste Luc détaille le Ministère de Jésus-Christ en Pérée. La Pérée est la région que le Nouveau Testament appelle le « pays au-delà au Jourdain » (Matthieu 4 :25) et qui correspond au « pays de Galaad » de l'Ancien Testament (Juges 10 :8). C'est donc dans cette région que le Seigneur exerça son ministère public avant de vivre sa passion qui le conduira à la crucifixion à Jérusalem.

 

C'est par un ensemble d'enseignement ponctués de paraboles que Jésus-Christ s'adressa à ses auditeurs à Pérée. Et Luc 14 :15-24 en est une parfaite illustration de paraboles qu'il y enseigna, suite à une remarque qu'il fit, d'abord, à son hôte sur son habitude d'inviter que ses proches à ses repas, sans une pensée pour les nécessiteux. En le faisant, il n'y gagnera rien en récompense spirituelle. Il est convenable pour lui d’y songer. Et ensuite en réponse à un autre convié qui croit que le repas céleste n'est réservé qu'aux juifs. (Luc 14 : 12-15).

 

De quoi donc est-il question dans la parabole de Luc 14 :15-24 ?

 

Cette parabole est semblable en bien des points à celle de Matthieu 22 :2-14, et elle enseigne la même leçon.

 

En effet, les participants à un mariage ou à un grand repas étaient servis durant une semaine, se voyaient convier à deux reprises : lors d'une première invitation, ils étaient informés de l'époque approximative de la cérémonie, puis, lorsque les préparatifs étaient terminés, ils étaient avisés du début des festivités. Tous les conviés trouvent des arguments pour ne pas répondre étonnement à cette invitation longtemps prévue. Le manque de sincérité se fait sentir dans toutes leurs excuses :

 

-  Personne n'achète un terrain, sans l'avoir vu au préalable et puisque l'affaire étant déjà conclue, rien ne l'empêchait d'être au mariage 14 : 18).

 

-    De même, personne n'achète des bœufs sans les avoir essayés (Luc 14 :19)

 

-    L'homme qui venait de se marier était déchargé selon la loi de certaines tâches (Deutéronome 24 :5) comme les voyages d'affaire et le service militaire. C'était une marque de respect social que des jeunes mariés soient présents à un autre mariage, donc rien ne justifie son refus d'y venir pour cette raison.

Devant donc ce manque de considération évidente et humiliante, le maître de la maison se tourne vers les gens du peuple. Ces derniers qui n'avaient pas cette habitude d'être convier à un tel repas.

Pourquoi donc cette invitation ?

Les juifs, au temps de Jésus-Christ, furent un peuple très hospitalier. Aussi, échangeaient-ils entre eux de fréquentes invitations : anniversaires de naissance (Matthieu 14 :6), mariage (Jean 2 : 1), familles (Jérémie 32), vendage et récoltes (Juges 9 : 27), tonte de la laine (1 Sam. 25 :2-3) etc. étaient autant d'occasion de convier amis et connaissances à la table de famille. Un banquet étant une occasion de réjouissance, le juif en avait fait un symbole de l'ère messianique, et Jésus applique l'image au bonheur de la vie future, à travers cette parabole du festin céleste. Dans cette parabole, il insiste sur l'hospitalité exercée, non seulement, envers ses proches, mais surtout envers les petits et les déshérités de la terre. L'hospitalité est une bénédiction pour celui ou celle qui l'accomplit.

 

Comment expliquerons-nous l'attitude des conviés à ce repas ?

 

En refusant de répondre à l'invitation de leur ami, les conviés à ce grand repas rejettent son hospitalité, et du coup empêchent la bénédiction de Dieu dans sa maison. En effet, au cours de ce genre de repas, les invités prononçaient au seuil de la porte de leurs hôtes, le fameux "Shalom", la paix soit sur ta maison, en guise de première bénédiction. Ensuite, après avoir eu les pieds lavés par les serviteurs de leur hôte, ils expriment leurs reconnaissances par un "Amen" ainsi soit-il, en réponse à cette marque d'attention et enfin ils ponctuent leurs satisfactions de bien manger par des paroles d'action de grâce. Tout ceci expliquerait la fréquence régulière des festins en Palestine.

 

L'attitude donc des conviés, de Luc 14 : 15-25, est méprisante et une insulte à l'amabilité et à la générosité de leur ami.

 

En invitant les gens du petit peuple, ce dernier réagit promptement à leur manque d'égard. Sa maison, ce jour-là, ne serait jamais exemptes de bénédictions.

 

Quelles leçons pour nous en cette soirée de prière pour la femme du monde, cette année dédiée sœurs de la Slovénie ?

Par cette parabole de Luc 14 :15-24, le Seigneur nous invite :

-    Premièrement à exercer l'hospitalité sans exclusion. Accueillir un étranger, un ami, un indigent est un devoir chrétien et une source de bénédiction. Souvenons-nous d'Abraham et de Sara.

 

-    Ensuite, par cette parabole Jésus montre la responsabilité du Dieu d'amour (l'hôte dans la parabole) et la folie et la culpabilité de ceux qui repoussent les appels de sa grâce à l'instar des chefs religieux et de beaucoup de juifs.

 

-    Il y a encore de la place dans le cœur de Dieu peur les rejetés et les faibles. Il doit aussi avoir de la place dans nos cœurs, dans nos maisons pour accueillir tous ces nécessiteux.

 

Par l'expression : « Contrains-les » (Luc 14 le Seigneur nous exhorte non d'user de violence, mais d'insister auprès de tous ceux qui ne connaissent pas son Nom de l'avantage et de bénédiction à répondre à son invitation, en un mot à l'appel du Salut en Jésus-Christ pour le grand banquet Céleste.

 

Quelques soit notre état de péché, notre place dans la société, nous sommes tous invités au banquet de l'Agneau de Dieu. Cela n'est possible que si nous répondons (nous nous intéressons) à son invitation.

 

 

Chères sœurs dans le Seigneur, cher peuple de Dieu, soyons engagés dans l'amour qui accueille sans restriction et sans calcul. Attachons-nous au Seigneur Jésus-Christ dans nos vies, nos activités et nos besoins. Il est la porte qui nous ouvre le royaume céleste afin de participer au banquet de l'Agneau.

 

Il est grand temps de ne plus refuser l'appel du Maître qui nous convie au salut. Point de doute, de crainte, d'incrédulité, de mépris et de rébellion.

 

Venons au sauveur qui nous aime, venons, il a brisé nos fers ; il veut nous recevoir lui-même et ses bras nous sont ouverts. Oh ! Quel beau jour, lorsque nous prendrons part au festin de l'Agneau.